Nouvelle publication

LE ROMAN "LES PRÉCAIRES DU BONHEUR",
DONT LE RÉDACTEUR DE CE BLOG
EST L'AUTEUR, EST DÉSORMAIS
DISPONIBLE SUR LE SITE ÉDILIVRE PARIS
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Jeudi 26 novembre 2009
MONTDEVERGUES
(à Camille)               

Tous les jours à la même heure,
à l’heure froide où le ciel se vide,
elle vient s’asseoir sur le même banc
Sous cet arbre souffre-douleurs,
dans ce parc aux ombres timides,
elle attend à présent que passe le temps                               

Comme en écho d’un impossible combat
il lui revient parfois à la mémoire
la pierre qui gémissait sous le ciseau
A la seule force de ses deux bras
Camille faisait surgir du chaos
des êtres de puissance et d’espoir...

La vie, Camille, c’est pas comme de la glaise
Il ne suffit pas d’un peu d’eau pour l’amollir
Elle est capricieuse, la vie, Camille, mauvaise,
l’amour seul ne peut jamais vraiment l’attendrir

La vie, Camille, ce n’est pas comme cette terre
que tes doigts papillons savaient apprivoiser
Pourquoi l’as-tu franchie, cette porte de l’Enfer
qui s’est refermée sur toi dans un asile d’aliénés?


Danse de lumière, de fureur et de pierre
Ses mains fines, si blanches, s’acharnent
faisant jaillir du granit inerte la vie même
Tant de larmes pour tant de poussière,
tant de soupirs afin que l’amour s’incarne
dans ces corps tendus vers l’extrême

Désormais, elle les regarde sans les voir
ces  mains posées à plat, immobiles,
comme deux ailes froissées sur sa jupe grise
A Montdevergues, il est minéral le désespoir
qui lui fait revivre tant de souvenirs volatiles
si loin de celui dont elle s’était, jadis, éprise.

La vie, Camille, c’est pas comme de la glaise
Il ne suffit pas d’un peu d’eau pour l’amollir
Elle est capricieuse, la vie, Camille, mauvaise,
l’amour seul ne peut jamais vraiment l’attendrir

La vie, Camille, ce n’est pas comme cette terre
que tes doigts papillons savaient apprivoiser
Pourquoi l’as-tu franchie, cette porte de l’Enfer
qui s’est refermée sur toi dans un asile d’aliénés?


Elles te sont devenues étrangères, Camille
ces mains qui lassaient la terre sans la violer,
la caressaient pour mieux l’apprivoiser
Comme deux oiseaux elles se recroquevillent
sur l’épiderme de laine de ta jupe usée
si frêles, inutiles, désormais si fatiguées

Sur le fil ténu qui relie l’amour à la folie
c’est seule que tu as fini par la franchir
la porte de l’Enfer ouverte en Avignon
Tu l’as vécue en hors-la-loi, ta vie, Camille,
mais c’est en prison que tu vas mourir
condamnée à trente ans de réclusion

La vie, Camille, c’est pas comme de la glaise
Il ne suffit pas d’un peu d’eau pour l’amollir
Elle est capricieuse, la vie, Camille, mauvaise,
l’amour seul ne peut jamais vraiment l’attendrir

La vie, Camille, ce n’est pas comme cette terre
que tes doigts papillons savaient apprivoiser
Pourquoi l’as-tu franchie, cette porte de l’Enfer
qui s’est refermée sur toi dans un asile d’aliénés?

Elle est partie ailleurs, Camille,
au coeur même d’une errance
qui prive ses yeux de toute vie
Elle s’est perdue très loin, Camille,
dans cette nuit où elle avance
jusqu’à la lisière de la folie...

L’étole de la nuit se pose sur ses épaules
alors qu’elle quitte enfin le banc
le regard égaré dans un passé lointain
Soudain l’aile d’une chouette la frôle...
Que les souvenirs sont éloquents...
“Pourquoi, Rodin, m’as-tu lâché la main?”

La vie, Camille, c’est pas comme de la glaise
Il ne suffit pas d’un peu d’amour pour l’amollir
Elle est capricieuse, la vie, Camille, mauvaise,
l’eau seule ne peut jamais vraiment l’attendrir

La vie, Camille, ce n’est pas comme cette terre
que tes doigts papillons savaient apprivoiser
Pourquoi l’as-tu franchie, cette porte de l’Enfer
qui s’est refermée sur toi dans un asile d’aliénés?


Rémy Rey


(Ce texte est déposé à la Sacem. Son utilisation est soumise à une autorisation préalable de l'auteur.)



Jeudi 26 novembre 2009

AU FOND

 
Au fond j’m’en fous
que vous creviez la gueule ouverte
la tête enfoncée dans vos crédits
dans vos devoirs, soumis aux interdits
Au fond j’m’en fous…

Au fond j’m’en fous
que vous dormiez devant la TV, inertes
sans avenir, résignés, tellement abrutis
scrupuleusement obéissants, si soumis
Au fond j’m’en fous…

Esclaves de naissance, serviteurs par nécessité…
Vous adorez un dieu imbécile devant qui vous crevez
les mains tendues mais le front prudemment incliné
Du berceau au cercueil, comme vous le chérissez
cet esclavage qui tant vous rassure, illusoire sécurité !
N’avez-vous jamais eu que le sort que vous méritiez ?

Au fond j’m’en fous
que vous creviez la gueule ouverte
la tête enfouie au fond du désespoir
le cœur crucifié à force de ne plus croire
Au fond j’m’en fous…

Au fond j’m’en fous
de tous vos rêves inconstants d’îles vertes
des pages de ces  journaux que vous tournez
sans jamais douter qu’ils impriment la vérité
Au fond j’m’en fous…

Ah ! oui, décidément, que vous êtes bien nés
la bouche interdite, les yeux soigneusement baissés
à ne rien penser et, surtout, à ne jamais rien dire
Il est dangereux d’émettre un avis sans y être invité
Cette leçon, vous l’avez bien apprise, l’avez assimilée
jusqu’au point de faire taire en vous le moindre soupir

Au fond j’m’en fous
de vos détresses affichées en simulacres
dans le décor en carton pâte d’un théâtre
où vous n’enrichissez que vos psychiatres
Au fond j’m’en fous…

Au fond j’m’en fous
que vos malheurs entretiennent vos illusions
que vous confondiez la fiction avec la raison
et la prison du quotidien avec un tendre cocon
Au fond j’m’en fous…

Lorsqu’alors la gorge tranchée par le couteau
du  pouvoir et des lois que tant vous respectez
vous saurez enfin que vous vous êtes fait berner
Il sera hélas trop tard pour faire éclater l’étau
qui étrangle déjà votre existence de son absurdité.
N’avez-vous jamais eu que le sort que vous méritiez ?

Au fond j’m’en fous
que vous creviez la gueule ouverte
la tête enfoncée dans vos crédits
dans vos devoirs, soumis aux interdits
Au fond j’m’en fous…

 

Rémy Rey

(Ce texte est déposé à la Sacem et ne saurait être utilisé sans autorisation préalable de l'auteur.)

Mercredi 18 novembre 2009

Cette vidéo se trouve sur le site Panier de crabes link
Elle vaut se pesant de cacahuètes!




Lien au site du Dr Girard link

Pourquoi?

Pourquoi continuer
à  respecter
un système qui
ne nous respecte plus?

Juste une p'tite photo

Ce que la Bible dit aux riches

"A vous maintenant, les riches! Pleurez à grands cris à cause des malheurs qui viendront sur vous! Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont mités. Votre or et votre argent sont rouillés; et leur rouille s'élèvera en témoignage contre vous et dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des trésors dans ces jours qui sont les derniers! Voici: le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues jusqu'aux oreilles du Seigneur des armées. Vous avez vécu dans les voluptés et dans le luxe, vous avez rassassié vos coeurs au jour du carnage. Vous avez condamné, vous avez tué le juste; il ne vous résiste pas." (Jacques 5: 1-6)

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